L’accord OATT:
La CGT avait expliqué son refus de signer l’accord OATT dans un tract du 29/10/10 dont voici un extrait aux accents prémonitoires : « ce qui risque de se développer sera l’organisation par la hiérarchie du travail par équipes postées, afin de pouvoir tenir l’ensemble de la plage d’ouverture. De fait les notions de plages variables ou fixes de l’accord n’auront plus aucune réalité puisque ce sont les plannings qui s’imposeront à tous… ». Dans un tract intitulé « L’accord OATT : Organisation de l’Augmentation du Temps de Travail », nous alertions les agents sur le piège potentiel des horaires individualisés dans une situation de sous-effectif et de surcharge de travail : hausse du temps de travail, augmentation de la productivité, écrêtage… toutes choses que nous observons aujourd’hui…
La CGT est la seule OS à avoir été logique et constante dans son refus de l’accord OATT national et sa pseudo-déclinaison en région : avis défavorable en CCE, CE et CHSCT Lorraine. Nos craintes confirmées aujourd’hui nous ont conduits à être la seule OS à n’avoir pas voté en faveur des horaires individualisés (PV du CE extraordinaire du 19 janvier 2011).
La convention tripartite:
Dans un tract intitulé « La convention tripartite 2012-2014 : des larmes et de la sueur… », la CGT attirait l’attention des agents sur l’exigence posée par la convention d’un accueil physique et téléphonique ouvert au public 35h minimum par semaine et sa signification concrète : extension probable et aujourd’hui vérifiée des horaires d’ouverture, tentatives d’« astreintes » imposées entre midi sur toutes les tâches d’accueil, et dérives à venir dans la déclinaison de l’ouverture « 35h minimum » (et tant qu’on y est, pourquoi pas bientôt l’ouverture le samedi matin, certains effectuent bien déjà des heures supplémentaires ce jour-là… ?) . Lors du CE du 6 janvier 2012, la CGT a mis en évidence l’articulation impossible entre la convention tripartite et le respect par l’établissement de l’accord OATT (notamment respect des plages fixes…).
Soucieuse de la défense des intérêts des salariés comme des usagers, la CGT a été la seule OS à voter contre la convention tripartite lors du bureau Unedic du 28/11/11, dont la consultation a précédé la signature du texte par Xavier Bertrand le 11/01/12.
Ce que la Direction vous cache sur les plages fixes:
L’article 5 de l’accord national OATT du 30/09/10 dispose que « La planification (…) doit permettre aux agents de bénéficier, s’ils le souhaitent, de la possibilité de travailler seulement sur les plages fixes (9h00-11h30, 14h00-16h00), au minimum 2 demi-journées de leur choix par semaine » à condition de satisfaire aux conditions fixées par l’article 6 du même accord (ne pas avoir un débit d’heures excédent –3h45).
Pour lire le tract sur les plages fixes, cliquer ici
Petit rappel : Les droits s’usent lorsque l’on ne s’en sert pas…
Ne vous laissez pas manipuler, Faites respecter vos droits !
En cas de pression hiérarchique, contactez-nous…
Des ELD qui ne respectent pas les règles en matière de temps de travail:
Dans beaucoup d’agences, on observe que les plannings ne respectent pas les règles suivantes :
–Temps de pause : pause de 10 mn par tranche de deux heures de travail en continu en accueil téléphonique et physique (art. 3 de l’accord OATT du 30/09/10, et rappel PV CCE du 7/10/10).
-Pause méridienne : « pause de repas d’une durée minimale obligatoire de 45 minutes » (art. 5 de l’accord OATT). Le DR a été contraint de reconnaître que « les activités ouvertes sur la pause méridienne ne sont pas des astreintes au sens du droit du travail (…), les agents qui le souhaitent peuvent faire valoir les dispositions de l’accord OATT leur permettant de travailler uniquement sur les plages fixes de demi-journées de leur choix… » (PV CE du 24/02/11 et compte-rendu DP du 13/09/11).
-Pas de réunions de service avant 14h00 afin de respecter l’accord OATT :
Compte-rendu Questions DP 14 avril 2011 (page 12): « Une information sera faite aux responsables leur précisant que les réunions ne doivent pas démarrer avant 14 heures ».
PV de CE du 26 mai 2011 (page 24) : « pour le jeudi après-midi, nous allons faire une communication au réseau… »
–Plages fixes : L’art. 5 de l’accord OATT pose clairement problème à notre DR qui a tout tenté pour limiter l’exercice par les agents du droit de travailler sur les plages fixes:
-Dans le projet d’accord OATT régional la DR avait rajouté une possibilité de refus pour nécessité de service et un délai de prévenance de 7 jours. Mais le projet a été rejeté (la CGT a voté contre) et le DR n’a pu obtenir ce qu’il voulait.
-La notice DR du 17/01/11 « Nouvel accord sur l’OATT applicable à Pôle-Emploi Lorraine » remise à chaque agent occulte volontairement la possibilité offerte aux agents de travailler sur les plages fixes.
-Cet article 5 indispose l’encadrement qui y voit un frein à l’atteinte de leurs objectifs chiffrés. C’est pourquoi l’établissement ne communique volontairement pas sur ce droit (qui procède pourtant d’un accord), essaie de culpabiliser les agents et use de pressions pour tenter de limiter son utilisation (en inventant notamment la notion de plages contraintes…)
-La CGT demande régulièrement à la direction le respect de cet article (par exemple concernant les horaires de réunion de service qui ne doivent pas démarrer avant 14h00, voir PV CE 26/05/11).
-L’inspectrice du travail sollicitée par la CGT a été très surprise de constater que les plages de convocation du public n’étaient pas en conformité avec les plages fixes posées par l’accord OATT…
Les « astreintes ou les « plages contraintes » n’existent pas à Pôle-Emploi !
Questionné à plusieurs reprises, le DR a été contraint de reconnaître qu’il n’y a pas d’astreintes à Pôle-Emploi. « Ce ne sont pas des astreintes au sens du droit du travail. Ce sont des activités ouvertes sur la pause méridienne » … « les agents qui le souhaitent peuvent faire valoir les dispositions de l’accord OATT leur permettant de travailler uniquement sur les plages fixes… ». (voir notamment PV du CE du 24 novembre 2011, page 15 ; Compte-rendu Questions DP du 13 septembre 2011, page 8 ; CHSCT du 15 juin 2012…)
La CGT demande régulièrement au DR de faire respecter ces consignes dans les agences.
A quand les 3 x 8 à Pôle-Emploi ?
Le nouveau remède de la Direction, encore plus inquiétant que le précédent !!!
La note de direction Lorraine du 15/07/14 stipulant les modalités de recours aux heures supplémentaires pendant la période estivale a été modifiée.
LES PLAGES HORAIRES DE LA NOTE DU 15/07 : de 17h00 à 19h00
LES PLAGES HORAIRES DE LA NOTE DU 22/07 : de 17h00 à 20h00 !!
Voilà un premier message fort de notre nouveau DR, lui, qui se présente à la dernière réunion du CHSCT comme un homme « attaché au dialogue social« , lui qui considère cette instance comme « l’IRP la plus importante » compte tenu des sujets évoqués, lui qui préfère parler de « qualité de vie au travail » plutôt que de risques psychosociaux, lui qui se dit « ouvert » et à l’écoute du terrain.
A l’heure où le bilan HSCT fait apparaître un constat sans concession sur l’explosion des absences pour maladies, arrêts et accidents du travail, voilà concrètement comment notre direction prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
Chacun appréciera, les paroles et les actes !!!
CELA NE LAISSE RIEN PRÉSAGER DE BON POUR LA SUITE !!!
La CGT à l’initiative d’une motion adoptée par le CHSCT pour le respect de l’article 5 de l’accord OATT (CHSCT du 22 janvier 2015)
Le 30 septembre 2010 était signé au niveau national l’accord OATT (« Accord relatif à l’organisation et à l’aménagement du temps de travail au sein de Pôle-Emploi »). Cet accord a force de loi à Pôle-Emploi et son strict respect engage l’Etablissement vis-à-vis de ses salariés.
Cet accord prévoit dans son article 5 : « la planification (…) doit permettre aux agents de bénéficier, s’ils le souhaitent, de la possibilité de travailler seulement sur les plages fixes (9h00-11h30, 14h00-16h00), au minimum 2 demi-journées de leur choix par semaine » à condition de satisfaire aux conditions fixées par l’article 6 du même accord (ne pas avoir un débit d’heures excédent -3h45).
En clair, le strict respect de cet article emporte les conséquences suivantes.
1. Cette possibilité est à la main de chaque agent sans que la hiérarchie puisse s’y opposer.
2. L’agent possède le plein choix sur les demi-journées concernées, quelles que soient les tâches sur lesquelles il est planifié.
3. L’encadrement ne peut s’opposer à l’exercice de ce droit qui n’est soumis à aucune nécessité de service.
4. Aucun délai de prévenance n’est requis. Nous conseillons cependant aux agents de prévenir leur hiérarchie afin d’éviter d’être mis en difficulté par les collègues et les usagers.
5. Il n’est pas nécessaire d’être en crédit d’heures pour exercer ce droit : on peut encore l’exercer si l’on a un débit de -3h45.
Cet article 5 peut être considéré comme la « carotte » offerte par la Direction aux organisations syndicales signataires de l’accord pour leur faire accepter l’ensemble du texte que la CGT considérait comme insatisfaisant et dangereux au point de refuser de le signer.
La CGT considérait que la mise en œuvre de cet accord serait un point d’appui pour les Directions pour accentuer encore plus les demandes d’heures supplémentaires, pour camoufler les heures écrêtées, pour contraindre les personnels et les pressurer quelles que soient leurs fonctions et leur niveau hiérarchique. La CGT avait expliqué son refus de signer l’accord OATT dans un tract dont voici un extrait aux accents prémonitoires : « ce qui risque de se développer sera l’organisation par la hiérarchie du travail par équipes postées, afin de pouvoir tenir l’ensemble de la plage d’ouverture. De fait les notions de plages variables ou fixes de l’accord n’auront plus aucune réalité puisque ce sont les plannings qui s’imposeront à tous… ». Force est de reconnaître aujourd’hui que les craintes formulées par la CGT il y a plus de quatre ans sont aujourd’hui des réalités dont souffrent au quotidien les agents dont les droits sont bafoués.
Dans la foulée de la signature de cet accord national, des négociations ont eu lieu en région afin de décliner le texte au niveau local dans des proportions minimes et très encadrées par la Direction régionale.
Comprenant que l’article 5 tel que formulé dans l’accord national pouvait placer les équipes de direction en difficulté dans la gestion des plannings, le DR a tout fait pour essayer d’encadrer l’exercice du droit pour chaque agent de travailler sur les plages fixes. Ainsi le « projet d’accord d’établissement régional » introduisait comme contrainte supplémentaire à l’exercice de ce droit une possibilité de refus pour nécessités de service ainsi qu’un délai de prévenance de 7 jours.
L’accord régional plus restrictif a été rejeté et en Lorraine c’est donc l’accord national qui s’applique, et l’article 5 tel qu’énoncé précédemment.
Ne désarmant pas devant la gêne représentée pour elle par cet article 5, la Direction Régionale n’a eu de cesse de nier l’existence de cette disposition et d’en limiter les conditions d’exercice par les agents dans ce qui ressemble à un abus de pouvoir.
-Dans une notice de la Direction Régionale du 17/01/11 intitulée « Nouvel accord sur l’OATT applicable à Pôle-Emploi Lorraine » remise à chaque agent, chaque disposition de l’accord fait l’objet d’une explication mais la DR occulte volontairement la possibilité offerte aux agents de travailler sur les plages fixes : il s’agit là d’une manipulation.
-L’établissement s’est toujours bien gardé de communiquer sur ce droit qui procède pourtant d’un accord.
-Pour enterrer définitivement toute velléité d’usage de ce droit par les agents l’établissement a inventé les notions d’ « astreintes » et de « plages contraintes » qui, assénées quotidiennement aux agents depuis 4 ans, ont fini pour beaucoup par avoir valeur de vérité. Cela est tellement vrai que même de nombreux élus, hélas, tombent dans le piège de l’utilisation des termes d’astreinte et de plages contraintes, qui sonne comme un renoncement à un droit des agents qu’ils sont sensés défendre.
-Quand aux agents connaissant leurs droits, ils se voient culpabilisés lorsqu’ils utilisent les dispositions de l’article 5 de l’accord OATT, et sont soumis à de nombreuses pressions.
-L’Etablissement évoque régulièrement les nécessités découlant de son offre de service à nos usagers pour expliquer le non-respect de l’article 5. Cette explication n’est pas recevable : l’offre de service est un engagement de l’Etablissement vis-à-vis de nos usagers qui n’a pas force de loi au contraire de l’accord OATT signé entre la Direction Générale et les Organisations Syndicales et qui s’impose en entreprise au même titre que la loi.
La CGT demande régulièrement à la Direction le respect de l’article 5 et le droit qu’il créé pour les agents.
Devant l’insistance des élus, la Direction a été contrainte à plusieurs reprises de reconnaître en instance l’obligation de permettre aux agents de travailler sur les plages fixes dans les conditions définies par l’accord OATT.
Pour exemples :
-Au CE du 24 février 2011, page 15 du PV, le DR répond : « les tâches SO/ZT ne constitue pas des astreintes au sens du droit du travail. Ce sont les activités ouvertes sur la pause méridienne. »
-Au CE du 26 mai 2011 pages 23 et 24 du PV, ainsi qu’au CE du 30 juin 2011 page 22 du PV : le principe est reconnu que les réunions de services des jeudi A-M doivent respecter la plage fixe 14h-16h.
-Lors des questions DP du 13 septembre 2011, page 8 du compte-rendu, est réaffirmé : « Comme Jean Niel l’a répondu en CE le 24 février dernier, les activités ouvertes sur la pause méridienne ne sont pas des astreintes au sens du droit du travail », « les agents qui le souhaitent peuvent faire valoir les dispositions de l’accord OATT leur permettant de travailler uniquement sur les plages fixes des demi-journées de leur choix »,
-Au CHSCT du 22 septembre 2011, page 9 du PV, la Direction reconnaissait : « il n’y a pas d’astreintes (…) L’astreinte est définit par le code du travail, par exemple: Vous êtes à votre domicile et vous être tenu, pendant le week end, de vous tenir prêt à intervenir sur votre lieu de travail. » Cela n’existe pas à Pôle-Emploi.
-Au CE du 26 avril 2012, p 23 du PV, la Direction reconnaissait qu’il n’y avait pas réellement de liste d’activités contraintes.
-Au CHSCT du 15 juin 2012, p 14 du PV, le Président du CHSCT reconnaissait que l’établissement devait respecter le droit du travail et les dispositions résultant de la CCN et de l’accord OATT. Les élus CHSCT remarquaient que les alertes émises, dès le départ, se vérifiaient.
-Au CHSCT du 5 juin 2014, p12 du PV, le président du CHSCT indiquait : « A partir du moment où il y a l’accord OATT, celui-ci n’a aucune raison de ne pas être respecté et je valide ce qui a été dit et bien sûr que cela doit se faire. »
-Au CHSCT du 18 septembre 2014, p 39 du PV, le Directeur Régional questionné à nouveau sur la question répondait : « j’entends ce que vous dites ».
Il est évident que dans ses réponses portées aux PV des instances représentatives du personnel, la Direction a pour principal objectif de ne pas se mettre en porte-à-faux avec la loi et l’accord OATT. Mais nous ne sommes pas dupes : rien n’est réellement entrepris sur le terrain pour inciter les équipes locales de direction au respect de l’article 5 de l’accord OATT.
Une inspectrice du travail sollicitée par la CGT a été très surprise de constater que les plages de convocation du public n’étaient pas en conformité avec les plages fixes posées par l’accord OATT.
La CGT réaffirme qu’elle fera tout pour permettre aux agents l’usage normal d’un droit qui procède d’un accord ayant valeur de loi au sein de Pôle-Emploi. Elle espère que les organisations syndicales signataires de l’accord seront en cohérence avec leurs choix et auront à cœur de défendre un droit découlant d’un accord qu’elles ont soutenu.
A l’initiative de la CGT Pôle-Emploi Lorraine, une motion a été adoptée à l’unanimité en CHSCT pour exiger de la Direction Régionale le respect de l’article 5 de l’accord OATT dans le droit qu’il institue pour les agents de travailler sur les plages fixes.
